Journée de la Femme: exposition virtuelle de LI Man

La Journée des droits des femmes est une excellente occasion pour vous proposer un parcours libre lié à la thématique à l’ordre du jour.

Vous pourrez découvrir l’exposition de papiers découpés de Li Man « Femme au coeur des caractères chinois » 汉字里的中国女性, réalisée par nos collègues de l’Institut Confucius de la Réunion et dont la diffucsion est effectuée en partenariat avec l’Institut Confucius de Bretagne et Néoma Confucius Institute for Business. Les oeuvres utilisent une série de caractères chinois utilisant tous l’élément graphique (la “clé” ou le “radical” 偏旁部首)de la “femme” 女.

Dans l’encyclopédie « Cihai », on trouve 257 caractères chinois comportant le radical 女 , parmi eux, 47 ont un sens élogieux, 35 ont un sens négatif. Dans le dictionnaire Shuowen Jiezi il y a 238 caractères chinois comportant le radical 女 , parmi eux, 79 ont un sens élogieux, et 60 ont un sens négatif.
Les partisans d’une réforme des caractères chinois, voient dans la morale ancienne une propension à utiliser le féminin 女 pour caractériser l’«absence de raison», le «manque de clarté», les «plans de l’ombre» et le «négatif». Par exemple, dans le caractère  » 婪 « Lán «gloutonnerie»,  » 林  » laisse entendre une demande matérielle dépassant la limite, et  » 女  » le
déraisonnable.

Pour le caractère  » 奸  » Jiān,  » 干  » à droite décrit le comportement, comportement, et  » 女  » à gauche signifie immoral, intrigue. Les partisans de la réforme en faveur de l’utilisation du radical féminin, disaient que la Chine ancienne n’accordait pas place aux femmes dans les fonctions
d’administration, pourtant dans l’expression  » 奸 臣  » Jiānchén » fonctionnaires conspirateurs », on voit pourtant apparaitre le radical de la femme  » 女 « , ce qui laisserait entendre que la
conduite amorale des hommes conduit à la dépréciation feminine.

Cet exercice de décodage des caractères chinois pourrait ne rester qu’une analyse superficielle. En effet, si on ne planche pas sur son origine ancienne, on peut difficilement affirmer une intention discriminante à l’égard des femmes dans l’idéogramme au moment de sa création. Il est certain cependant qu’au cours de l’évolution de l’écriture chinoise des courants de pensées réducteurs de l’identité féminine sont intervenus dans la formation et la transformation des idéogrammes, alors enrichis ou appauvris dans leur apparence initiale, et ont créé de nouvelles utilisations pratiques, pour avoir pour conséquence finale la sémantique et la compréhension que nous en avons aujourd’hui.

Cela dit, il convient de mentionner le contexte général de la pensée culturelle chinoise. Avec la pensée traditionnelle en arrière-plan et chaque caractère chinois comme une opportunité d’analyse différente, nous pouvons dérouler une fresque qui reflète la vie au féminin. Le confucianisme et le taoïsme ont traversé l’histoire chinoise, façonnant les points de vues et les croyances du peuple chinois. Ces philosophies sont profondément enracinées dans la pensée traditionnelle chinoise, elles sont à la fois source de vertus, maladies chroniques, traditions magnifiques et aussi maux sociaux. Elles marquent la perception de l’identité féminine en Chine à différentes époques, et leur empreinte reste perceptible à ce jour. Cette exploration d’une série de caractères chinois nous donnera donc un aperçu des multiples rôles exercés  par les femmes à différentes époques et différents niveaux de la société en Chine.

L’exposition virtuelle sera à découvrir à partir du 8 mars ici

Un article de Norbert ROULAND: Etre une femme aujourd’hui en Chine

Une sélection de portraits à découvrir à votre rythme: ici